UN ENDROIT MYSTERIEUX : LE SINAI

Publié le par COJUMEIC

 




La vie est pleine de surprises. Certaines n’ont pas d’incidence particulière,
 d’autres par contre sont placées sur notre chemin et ne sont pas anodines.
 Je dirai même qu’elles contribuent à notre devenir.

Nous prenons des décisions pas toujours heureuses, mais parfois nous faisons
des choix qui semblent être le fait total du hasard, mais qui ne le sont pas !

 

C’est ce qui m’est arrivé en 1987, où païenne de mon état, j’errai dans
le dédale de la vie, cherchant désespérément des lueurs de bonheur ici et là,
mais lorsque je croyais les atteindre, elles s’évanouissaient aussi vite
qu’elles étaient apparues.

 

J’espérais tellement qu’il existât autre chose que ce que l’on voit,
ce que l’on entend, ce qui nous entoure, qu’il existât un lieu secret
où tout était paisible et serein. Un rêve inavoué enfoui au fond de mon être
aspirait à ce que D-ieu existât, cela semblait si beau, trop beau…

 

J’envisageai de faire un voyage à l’étranger, mais je n’avais pas de destination précise,
si ce n’est une grande envie de découvrir le désert.

 

Jusqu’au jour où je tombai par hasard  sur une brochure qui proposait
un raid en 4/4, Magique Sinaï.

 

Je fus littéralement fascinée par les quelques lignes de présentation :

 

Magique Sinaï

Nous vous proposons de partir à la recherche de Moïse.
Nous devrons emprunter le tunnel sous la mer Rouge.
Entre le golfe de Suez, la mer Méditerranée et le golfe d’Aqaba, le Sinaï
est une région désertique et montagneuse dont le point culminant est
le Mont Sainte-Catherine,
appelé aussi Mont Moïse (2462 m).
            A la recherche du chemin suivi par les Hébreux, nous passerons l’oasis
pittoresque d’Ayoun Mousa « les sources de Moïse ».
Par un sentier édifié par les nomades, nous monterons au Mont Moïse,
vue impressionnante, etc… etc…

 

Ce «magique Sinaï » me captivait et je m’imaginais déjà sillonnant
le désert et vivant une grande aventure.
 Cela devint une obsession.
Avec le recul du temps, je dois avouer qu’à cette époque
j’étais en recherche de quelque chose de fort, de quelque chose
qui puisse m’aider à évacuer ce mal être qui me rongeait.

 

Le nom de Moïse m’avait attirée. J’avais bien sûr déjà entendu parler
 de Moïse ou vu des films, mais tout cela était bien flou dans mon esprit,
et pour moi ce n’était qu’une belle légende parmi tant d’autres.

 

C’est ainsi qu’en novembre 1987, je me lançais pleine d’espoir,
avec un groupe de cinq personnes, parcourant le désert en land-rover
sur les traces de Moïse. J’étais assoiffée, mais de quoi je n’en avais pas vraiment
conscience. Ce que je savais c’est que je ne pouvais plus vivre ainsi,
avec l’angoisse du lendemain, avec cette destinée terrifiante
que les médecins m’avaient prédite dès la petite enfance,
avec toutes ces horreurs qui revenaient me hanter jour et nuit.

 

Des moments intenses étaient au rendez-vous pendant cette folle
 escapade dans le désert, parfum d’ivresse et de liberté.

 

Je me souviens des aubes auréolées de promesses où je restais juchée
sur des petites collines pour écouter le silence…


 


Je me souviens de cette paix qui l’espace d’un instant effaçait tant de douleurs,
 tant de tumultes. D’où venait-elle cette présence invisible et silencieuse
 qui me caressait et me désaltérait de mille tendresses ?

 

Je me souviens aussi avec amusement et émotion de cette ascension
du Mont Moïse, où épuisée de fatigue, je suis tombée quatre fois
sur le chemin rocailleux, pleurant de colère et de découragement,
levant les yeux au ciel en criant : Moïse, aide-moi ! »
J’étais déterminée à aller jusqu’en haut, dussé-je continuer la montée en rampant !

 

Cinq ans plus tard

 

…Ce n’était pas un rêve. J’étais là en cet été 1992, enivrée de bonheur,
savourant comme sur un nuage, la plénitude douce et ouatée qui m’enveloppait
à chaque instant sur cette terre d’Israël, avec cette sensation de renaître.
A nouveau, je riais, je vibrais, je respirais à fond la beauté, les senteurs… la Vie.

 

Ces cinq dernières années avaient été un chaos, un brisement dont j’ai cru
ne jamais pouvoir me relever jusqu’à souhaiter mourir pour être délivrée
du cauchemar qui étouffait mon âme, mes pensées et mon corps.

 

Et puis, un jour tout m’a semblé plus lumineux, tout m’a semblé possible,
même l’impossible. Un fol espoir m’avait envahie auquel
je me raccrochais comme à une bouée de sauvetage.

 

Et un matin de printemps 1992,  j’ai fait un vœu fort et poignant :

 

« O Seigneur, redonne-moi des forces, de la vitalité, permets que mes yeux
 à nouveau puisse contempler ta création, permets moi de pouvoir voyager à nouveau,
 et je Te promets que mon prochain voyage sera Israël. »

 

Certes, c’était une prière bien maladroite et naïve, mais elle était d’une
telle sincérité ! une promesse belle et pure, enfantine mais profonde,
comme le sont les prières des âmes toutes frêles qui viennent de découvrir
avec émerveillement que D-ieu les aime.

 

C’est ainsi que je me retrouvai en Israël pour un voyage de quinze jours,

incluant une escapade dans le désert du Sinaï, avec un groupe de chrétiens.

 

Excursion dans le désert du Sinaï – 28 juillet 1992

 

Quel hasard, pourrait-on dire, mon dernier voyage que je croyais être le dernier, avait été le Sinaï… puis durant cinq longues années, j’ai erré dans un désert de solitude et d’angoisses, ballottée tel un pantin désarticulé d’hôpitaux en hôpitaux, de déceptions en désillusions, sombrant vers le néant…

 

Et je me retrouve ce 28 juillet 1992 sur les traces de Moïse… Bible en main !

 

Il faisait encore nuit lorsque je franchis avec le groupe et notre guide israélienne,
 la frontière Israélo-Egyptienne à Taba. Là, nos passeports et visas sont épluchés scrupuleusement par les agents égyptiens.

 

Enjeu de violents combats en 1967 et 1973 entre les pays arabes et Israël, le Sinaï
a été en 1982 déclaré possession égyptienne. Le passage à la frontière de Taba
est donc toujours un peu tendu. Les chauffeurs israéliens ne peuvent pas entrer
en Egypte, c’est pourquoi nous devons prendre un bus égyptien avec des guides du pays, à cause de la concurrence touristique.

 

De grands hôtels se trouvent non loin de la frontière. Ils sont délabrés et ont du connaître des jours meilleurs. Ils appartenaient à Israël avant que la frontière ne soit retracée. Notre guide israélienne, Dina, nous dit avec beaucoup de tact : « Ces hôtels sont passés du côté égyptien. Israël en a fait cadeau à l’Egypte. Ils étaient très luxueux et sophistiqués, mais les égyptiens n’ayant pas le même sens de l’organisation que les israéliens, ils sont tombés peu à peu en désuétude… »

 

Le jour se lève tandis que nous roulons à travers le désert. Cet instant
est grandiose et émouvant à la fois. Les couleurs changent en harmonie
avec l’aube naissante, en harmonie avec mes propres sentiments.
 C’est un spectacle fantastique et merveilleux dans le désert.

 

Je suis très émue de me retrouver à nouveau sur les traces de Moïse !
Nous roulons plusieurs heures en contemplant l’immensité désertique,
bercés par la douceur du moment. Le soleil est maintenant haut dans le ciel
et les teintes ont changé. La chaleur est intense et les bouteilles d’eau
sont les bienvenues.

 

Le paysage défile sous mes yeux ébahis. Je ne me lasserai jamais
de ce décor fascinant. Des montagnes rocheuses succèdent aux longues étendues sablonneuses. De temps en temps un arbre apparaît, comme perdu au milieu
de l’immensité. Par endroits, des dromadaires nous observent d’un œil blasé.

 

Et D-ieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert vers la mer Rouge .

Exode 13/18

 

C’est dans le désert du Sinaï qu’a erré pendant quarante ans le peuple hébreu.
D-ieu avait donné mission à Moïse de faire sortir le peuple d’Egypte,
 pour le conduire jusqu’au pays promis, le pays où coulent le lait et le miel…

 

Le désert du Sinaï est rempli de sites où D-ieu s’est manifesté
pour parler à Son peuple. On ne peut pas y rester insensible, je me rappelle l’étrange impression que j’avais eue, il y a cinq ans. J’avais ressenti sans rien connaître
des choses de D-ieu que quelque chose de miraculeux s’était produit
dans ce désert.

 

Des images du passé affluent, et je me revois cinq ans auparavant,
juchée en haut d’un rocher, admirant le lever du soleil et contemplant
l’infini. Le silence était impressionnant car total.  
Je restais des heures ainsi, à la recherche d’un créateur qui existait déjà
dans mon cœur.

 

Le Sinaï a été témoin de nombreuses batailles militaires qui ont eu lieu
 à l’époque des pharaons, depuis Ahmès I jusqu’à la guerre d’octobre 1973.
Aujourd’hui, le matériel de guerre disparaît de plus en plus, englouti par le sable.
 Les postes militaires sont nombreux et nous sommes arrêtés de temps en temps
pour des contrôles.

 

En 333, Alexandre le Grand traversa le Sinaï lors de sa conquête d’Egypte.
Les derniers qui empruntèrent cette voie furent les arables musulmans.

 

Par sa place géographique, la péninsule du Sinaï constitue le point
de liaison entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe par voie de terre.
L’or, le cuivre et la turquoise y ont été puisés, ce qui valût au Sinaï le nom
de « pays de la turquoise ».

 

Le Sinaï jouit de paysages fascinants. Au sud ce sont des montagnes
élevées alors qu’au nord, tout au long de la côte, s’étendent des arbres
et des palmeraies. Il est aussi renommé pour ses sources d’eau douce.
 La longueur de son littoral dépasse 750 kms.
Toutes les régions côtières constituent
des stations balnéaires naturelles. Le Sinaï est de forme triangulaire
et se situe entre les deux bras de la mer Rouge.

 

La mer Rouge, qui n’en a jamais rêvé ! Mystérieuse ou limpide,
tumultueuse ou sereine et protectrice…

 

L’E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer et fends-là,
 et les enfants d’Israël marcheront au milieu de la mer à sec…
Les égyptiens les poursuivront… L’E-ternel dit à Moïse : étends ta main sur la mer
et les eaux reviendront sur les égyptiens. Les eaux revinrent et recouvrirent
les chars, les cavaliers et toute l’armée de Pharaon,
il n’en échappa pas un seul.

Exode 14

 

Nous faisons un arrêt au lieu dit des « sources de Moïse ».
C’est magnifique, de l’eau et des palmiers en plein désert !
A un endroit les sources forment même une petite cascade.
Nous profitons de cette halte pour nous éclabousser et nous rafraîchir.
Des cris de joie fusent de toutes parts.

 

… Ils ne trouvèrent point d’eau. Le peuple murmura contre Moïse en disant :
Que boirons-nous ?...

Moïse cria à l’E-ternel, et ils arrivèrent à Elim où il y avait douze sources
d’eau et soixante-dix palmiers. Ils campèrent là, près de l’eau.

Exode 15/27

 

Nous repartons, ragaillardis et excités comme des enfants.
Nous arrivons dans la région de Sin. Elle fût connue dès les temps anciens
 pour ses mines de cuivre, de fer, d’ocre et de pierres précieuses.
 Bien avant l’époque d’Abraham, les rois de l’Orient avaient tracé une route
autour des bords nord et ouest du désert d’Arabie, en direction de cette région.


 

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Et ils arrivèrent au désert de Sin qui est entre Elim et Sinaï…
 toute l’assemblée murmura contre Moïse :
Nous as-tu mené au désert pour faire mourir de faim toute cette multitude ?

L’E-ternel s’adressa à Moïse et dit :
J’ai entendu les murmures des enfants d’Israël…

Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp et à la surface
du désert il y avait du pain…

La maison d’Israël donna à cette nourriture le nom de manne…
Les enfants d’Israël mangèrent de la manne pendant quarante ans
 jusqu’à leur arrivée aux frontières du pays de Canaan.

Exode 16

 

Le minibus file sur la piste sablonneuse et nous apercevons
 au loin le mont Sinaï. Il est aussi appelé mont Moïse ou mont Sainte-Catherine. 
Des vagues d’émotion font bondir mon cœur. Je suis éblouie
 par son imposante majesté. Il est constitué d’une masse isolée de rochers s’élevant abruptement au dessus de la plaine.
 Il est situé vers la pointe sud de la péninsule.

 

Le cinquième mois après leur sortie du pays d’Egypte,
les enfants d’Israël arrivèrent ce jour-là dans le désert de Sinaï e
t ils campèrent dans le désert. Et Israël campa, là, devant la montagne.

Exode 19/1 et 2

 

Le monastère Sainte-Catherine s’étend amoureusement à ses pieds.
C’est un bâtiment imposant, une véritable forteresse en plein désert,
agrémentée d’un grand jardin et d’arbres de toute sorte.
Des moines orthodoxes y vivent en complète autarcie depuis des siècles.

 

Arrivée au pied du mont, je suis irrésistiblement entraînée vers ce petit
 chemin qui part en lacet et qui mène vers le sommet.
A pas lents et portée par une joie inexprimable, je commence l’ascension,
m’arrêtant régulièrement pour me reposer et pour contempler le paysage sublime
et fabuleux qui m’entoure.

 

Moïse monta vers D-ieu et l’E-ternel lui dit : tu parleras
aux enfants d’Israël… Voici je viendrai vers toi dans une épaisse nuée
afin que le peuple entende quand je te parlerai.

Exode 19/3 et 9

 

 

Des larmes de bonheur glissent douces et apaisantes sur mes joues,
alors que les souvenirs rejaillissent avec force. En novembre 1987,
j’avais bien cru que je n’arriverai jamais à bout de cette montée vertigineuse,
escarpée et abrupte.

 

je me revoyais comme dans un songe, les yeux ruisselants de larmes
d’épuisement, m’effondrant à quatre reprises sur le sol, et implorant Moïse
afin qu’il m’aide à continuer ! Avec le recul du temps,
cela me parût comique et attendrissant à la fois.

 

Au bout de quatre heures d’ascencion, le chemin continue sous forme
de marches taillées irrégulièrement dans la pierre.
Et il me fallut encore une bonne heure pour atteindre le sommet.

 

Mais quelle récompense que ce paysage grandiose et cette splendeur
majestueuse à couper le souffle.

 

Les yeux perdus dans le vide, je me plonge à l’époque de Moïse.
Il a du avoir tellement de mal à venir jusqu’ici.
Le petit chemin sinueux n’existait pas.

 

Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs
et une épaisse nuée sur la montagne.
Le son de la trompette retentit fortement et tout le peuple
qui était dans le camp fut saisi d’épouvante…

Moïse parlait et D-ieu lui répondait à haute voix…

Ainsi l’E-ternel descendit sur le sommet de la montagne de Sinaï
et
l’E-ternel appela Moïse au sommet de la montagne, et Moïse monta…

Exode 19/16 et 20

 

Je me laisse envahir par mille pensées. Les enfants d’Israël étaient
au pied de la montagne. Ce fût un jour terrifiant que ce grand jour où
D-ieu donna la Thora à Moïse, la montagne toute entière était la proie des flammes
et des tremblements de terre. Des trompettes célestes d’une force inouïe
retentissaient…

 

Alors D-ieu prononça toutes ces paroles en disant :

Je suis l’Eternel, ton D-ieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude.

-        tu n’auras point d’autres dieux devant ma face…

-   Tu ne feras point d’image taillée…

-        Tu ne prendras point le nom de l’E-ternel, ton D-ieu, en vain…

-        Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier…

-        Honore ton père et ta mère…

-        Tu ne tueras point

-        Tu ne commettras point d’adultère

-        Tu ne déroberas point

-        Tu ne porteras point de faux témoignages contre ton prochain

-        Tu ne convoiteras point…

    Exode 20/1 à 17

 

 

Moïse resta très longtemps au sommet de la montagne tandis

que D-ieu lui dictait les lois et commandements de la Thora.

 

…Et Moïse descendit de la montagne, les deux tables du témoignage
dans sa main. Les tables étaient écrites des deux côtés.
Et les tables étaient l’ouvrage de D-ieu, et l’écriture était l’écriture de D-ieu gravée
sur les tables.

Exode 32/15 et 16

 

 

Lorsque Moïse redescendit de la montagne, il fût accablé
 par le triste spectacle du veau d’or et des danses…

 

 

 

Et la colère de Moïse s’embrasa et il jeta de ses mains les tables,
et les brisa au pied de la montagne.

Exode 32/19

 

Et les enfants d’Israël vécurent encore mille péripéties dans ce désert,
 où ils errèrent encore quarante ans avant d’entrer sur la terre de la promesse.

 

Moïse n’entra pas dans le pays promis, le pays où coulent le lait et le miel…

 

Et Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo qui est vis-à-vis
de Jéricho. L’E-ternel lui fit voir tout le pays…

Et l’Eternel lui dit : C’est ici le pays que j’ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob, disant : Je le donnerai à ta semence.

Je te l’ai fait voir de tes yeux mais tu n’y passeras pas.

Et Moïse, serviteur de l’E-ternel mourut là, dans le pays de Moab.

Deutéronome 34/1 à 6

 

J’ai toujours été profondément attristée par ce passage.
 Je pleure encore aujourd’hui en lisant ces lignes, en songeant
 aux larmes abondantes ruisselant sur le visage de Moïse
lorsqu’il aperçut au loin le pays de la promesse…

 

Shavouot, fête de la Thora, nous rappelle que D-ieu a donné la Thora à son Peuple
au cœur de ce désert.

 

Cette montagne du Sinaï a bouleversé ma vie, le cœur des hommes
 et l’humanité toute entière.

 

Même s’il reste encore des vestiges de la lointaine

Egypte, la Parole de D-ieu, Elle, demeure éternellement.


Message de la part de Sylviane Cuartero, transmis
 à votre servante Lysdesaron.


 Shalom



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Publié dans TEMOIGNAGE

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