AMOUR ET HAINE

Publié le par COJUMEIC

 

Selon la célèbre anecdote citée dans le talmud, Hillel l’Ancien affirmait que ce principe résumait tout l’enseignement de la Torah, le reste n’étant que

littérature. Pourtant, Comment pourrions-nous aimer ceux qui ont à notre égard

un comportement négatif voire destructeur?
Le meilleur exemple est celui de l’âne qui plie sous son fardeau: même si son

maître est haï, la Torah nous enjoint cependant d’aider son âne à supporter

son poids. L’on en déduit que la haine en question serait autorisée à condition

de ne pas faire fi de toutes règles d’entraide fraternelle. Cela signifie qu’il ne s’agit nullement d’une haine authentique, mais bien plutôt d’une réserve suffisamment marquante pour être dissuasive.
Si toutes les remontrances faites à notre époque s’inspiraient réellement de l’esprit de la Torah, les résultats auraient été bien meilleurs pour tout

le monde : l’autre les aurait au moins en partie ¬acceptés, et cela n’aurait pas conduit à la haine gratuite.
C’est également ainsi que le Rav Kook a compris le commandement de réprimande : On ne peut haïr que lorsque le devoir et l’effort de remontrance ont été épuisés. Mais comme dans notre génération et même dans les précédentes, personne

n’est capable de faire ces remontrances correctement, il est donc interdit

de haïr, et ces lois deviennent caduques.
C’est ainsi que l’avait également perçu le célèbre décisionnaire de la dernière génération, le ‘Hazon Ich : Toutes sortes de pécheurs sont considérés de nos jours comme des pécheurs en cas de force majeure, tel que l’a expliqué Maïmonide à propos des disciples des caraïtes. C’est pourquoi nous avons le devoir d’aimer,

 là ou le but d’une certaine forme de haine ne serait que pour mieux réparer concrètement la situation.
C’est précisément avec les proches qui demeurent liés à l’enseignement de la

Torah que l’on peut se permettre d’utiliser une attitude de réserve, alors que

les personnes éloignées ne peuvent être approchées que par l’amour. Il faut haïr

le mal qui réside en eux, mais parallèlement les aimer pour le bien qui y réside,

à savoir, l’étincelle divine qui fait vibrer leur âme. Il faut être empli de pitié

pour celle-ci, prisonnière des pulsions pernicieuses et qui envers et contre tout

les aléas de son existence reste toujours présente même lorsqu’elle est enfouie sous nombres d’immondices.
Il existe des êtres mauvais qui sont emplis de haine pour leur prochain et qui,

pour justifier cette haine, brandissent le drapeau de la vérité. Au nom de cette vérité, ils attaquent d’autres personnes et les considèrent comme des méchants, et ils prétendent qu’on peut les haïr. Ce n’est rien d’autre qu’une tromperie:

celle de la haine gratuite travestie d’un voile d’amour et de vérité.
L’être humain est d’un naturel violent, il lui faut donc évacuer cette violence en travaillant d’abord sur soi et non en lui donnant une légitimité idéologique ou religieuse, car cette violence n’a aucun fondement dans l’hébraïsme authentique. Ne l’oublions jamais: la Torah est dans son intégralité un message d’amour.

Nous devons nous identifier avec tout ce qui est positif, nous devons être une sorte de plaque tournante permettant des échanges entre tous les milieux et préservant l’essentiel: l’unité du peuple Hébreu.
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